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Jean Boussuges

Le poète du Coderc

Hagiographie de Maurice Melliet

 

Jean Boussuges, loin d'être aussi connu que le loup blanc, ou que Rimbaud au retour de la mer Rouge,

ou encore d'une veuve noire prête à convoler, n'en est pas moins la figure locale qui réunit le plus de sympathie autour d'elle.

C'est non seulement pour cela que me prit cette envie de dingo* d'écrire son hagiographie mais en priorité, même si je ne suis pas "un enfant du pays",

la belle amitié qui nous réunit depuis plus de vingt ans sans oublier notre complicité au sein du club de poésie des Hydropathes de Périgueux

dont il est le vice-président et "l'inventeur-emprunteur" du nom de notre association en faisant revenir Emile Goudeau à Périgueux.

Jean possède la plus belle collection d'amis qu'il a en "pur plaqué or" sur le papier pour leur prouver ses sentiments

et parfois sa reconnaissance envers eux. Je me fais tout petit devant ce monument de la poésie qu'il représente malgré mon propre engagement dans cet art si passionnant.

S'il fallait faire la liste des personnages que l'on découvre dans la totalité de son uvre (2484 noms depuis 1980, 908 noms prononcés au moins une fois.

Le mot &laqno; Paix » n'a pas été comptabilisé car trop souvent présent dans la poésie de Jean Boussuges),

nous aurions l'impression qu'il connaît la planète entière sauf peut-être quelques indigènes

non encore recensés par l'Académie Humanis Global au fin fond d'un volcan en plein milieu du Pacifique !

 

S.P.H... Non ! ceci n'est pas le sigle de la marque d'ordinateur préférée de notre ami le poète !

C'est cette belle société qu'il a inventée ! Celle qui accueille des êtres vraiment humains, des amis, des marginaux, des gens bien, des anti-guerre, des voyous au grand coeur...

ceux qui donneraient même leurs chaussettes avec leur senteur !

des amoureux de la poésie libre, en prose, en vers, en alexandrin, en machin et en truc...

des politiques pas bêcheurs d'être élus, des enfants nés avec un encrier à la place du cordon ombilical,

des ruisseaux qui veulent devenir des grandes rivières de mots, d'amitié et faire couler leur richesse parmi les amoureux de la poésie.

 

La Société Protectrice des Humains est née de la chaleur humaine de Jean, d'utopie comme il aime.

Pas de chichi... pas plus avec un Sans-Domicile-Fixe

qu'avec un président de la République... promenant son chinchilla le long du caniveau rempli de mégots !

 

Jeannot devient le premier créateur du genre vraiment humain !

Est-ce exagéré ? Je ne le crois pas, car ceux qui connaissent ce poète... et ils sont nombreux, savent bien

que je n'exagère pas ! certains pourraient même me reprocher de ne pas en faire assez ! Jean Boussuges,

au moment où il naissait en 1938, savait déjà qu'il serait un poète faiseur de paix !

 

Son histoire est comme un beau livre de poésie avec ce cadeau : son amour pour son prochain ; écoutez Boussuges, il ne sait pas dire du mal, lisez Boussuges, il en écrit encore moins !

Regardez le ! il devient rouge de confusion devant votre sourire. Voilà qui est Boussuges et je suis fier de le servir par ce livre rempli d'émotion par sa poésie.

*terme qu'utilisa Jean Boussuges à mon sujet pour avoir eu envie de faire son hagiographie.

Nous sommes dans les premières années du 3ème millénaire

et pourtant l'histoire du poète du Coderc ressemble étrangement à celle de nos grands écrivains de la fin du XVIIème siècle.

Parfois, j'imagine sans mal Jean Boussuges atablé dans l'arrière-boutique d'un café de la rive gauche à Paris

avec Verlaine et Rimbaud devant une absinthe déjà bien emtamée par la pile de soucoupes qui y traîne.

Une discussion haute en contradictions prend naissance entre eux, Jean écoute, Verlaine tape du poing sur la table !

Rimbaud rouge de colère se lève et se dirige vers la sortie !

Jean pose une main affectueuse sur l'épaule de Paul et lui demande de se calmer !

Arthur se rassoit et reprend la discussion grâce à la sagesse de Boussuges...

Puis sortant de ma torpeur tellement le tableau était beau et sombre à la fois,

je repars d'un pas léger sur ce bitume qui sent la fleur vers le Chat Noir à deux rues plus loin

où je voyais Boussuges clamer devant un parterre d'Hydropathes un poème écrit très tard dans la nuit

à la faible lueur d'une bougie de suif où il évoque la Commune et sa misère...

Jean n'aime pas la pauvreté, la souffrance, l'injustice et il l'écrit à voix haute sans se retourner pour voir si cela déplaît à certains !

Il est entier comme un bloc de tendresse qui transpire des idées, des colères et de l'amour.

Jean Boussuges aurait été tout à fait à sa place dans certaines époques de l'histoire littéraire

s'il n'avait décidé de vivre malgré lui à cheval sur deux siècles.

Il y avance comme un explorateur sur ces différents vélos qu'il a accepté de se faire voler régulièrement...

Aujourd'hui, l'homme est au pied de la lettre planté bien droit dans ses sandales. Il écrit la société et ses acteurs...

Ils sont nombreux. Certains, amis, d'autres des co-pains* et ceux, qui, malgré eux, ne font que passer sans attirer l'attention du poète.

Cette hagiographie qui n'en est pas vraiment une, puisque le parti-pris fut de faire un livre d'images,

de mots, d'humour et surtout avec celles et ceux de Jeannot.

Il y est comme un canard dans l'eau ! il nage porté par le courant de l'écriture et de l'iconographie.

Ce livre se veut découvreur d'un homme exceptionnel et d'un grand poète qui nous offre ce plaisir d'être toujours parmi nous.

Hydropathe de cur dans la tradition d'Emile Goudeau, Jean Boussuges, malgré plus d'un siècle de retard sur le mouvement littéraire de 1879,

devient un avant-gardiste en réinventant le club de poésie des Hydropathes, mais cette fois à Périgueux.

Maurice Melliet

ARKA édite la collection des poètes inclassables

DISPONIBLE à Périgueux :

librairie Marbot - librairie Mandragore - librairie Des livres et nous - librairie Vaubourgoin

au prix de 20 euros

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