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Collection Poésie/Ethnie

Format 115mm x 180mm - 80 pages - couverture couleur - photos noir & blanc

15 euros + 3 euros de frais de port

Joindre un chèque au nom de Maurice Melliet - 2 rue Paul Mazy - 24000 Périgueux

 

Un grand élan d'entraide

Ce livre-témoin est le 1er de la collection Poésie/Ethnie,

édité par SOS Enfants du Monde et Persona Grata au retour d'une mission en Haïti

au profit des enfants de Jérémie, par cet ouvrage, le lecteur devient notre complice de ces aventures :

apporter son aide à des enfants et des humains. la recette de ce livre servira à intensifier encore un peu plus

nos actions en faveur des enfants et des défavorisés du monde.

Elva

La rue repoussait ses filles vers le sommeil après une nuit trempée dans le sexe urbain.

Seule dans la rue calme du matin encore noircie par le plaisir,

Elva tenta de se faire un dernier quotat !

Son sourire pas trop fatigué me faisait penser à une demande en mariage à fractionner !

Sa main tenta de me prendre par mes sentiments... tandis que je cherchais comment m'en débarrasser !

Ma voix dans ma grande barbe blanche réussit malgré la langue à l'en dissuader.

Elva se métamorphosait en hôtesse d'accueil par lassitude et quittait son habit de lit défait !

L'histoire de Colomb passa de sa bouche à la mienne.

Le port endormi lancait ses lumières sur les ombres des galions, la prison depuis 1510 comptait éternellement les jours d'occupation !

Elva devenait une belle "Marie galante" et moi un touriste captif d'une première découverte...

Elle me quitta en me prenant par la main... cinq dollars pour peine perdue !

La fille de la rue El Conde savait se faire aimer sans se déshabiller en m'embrassant tendrement !

Santo Domingo - samedi 9 février 2002 - 5 h 20

Vivianne !

je te retrouve enfin, après mille ans d'errance à travers le monde...

Te voici à Roseaux, échouée comme une maldonne alors que je te croyais parmi les flots porteurs d'espérance.

Ta robe de métal éventrée sur ces galets semble avoir subi l'outrage du temps où je t'aimais !

Nous avions parcouru tellement de belles manières que j'éprouve une douleur en te voyant couchée sur cette côte d'Haïti.

Ton coeur à mille lieux d'un bord de Caraïbes n'est plus qu'une épave de fer rongée par le sel !

Souviens toi de nos plus belles escales à l'époque de ta splendeur où certains capitaines étaient jaloux de moi,

nous avions fait le pari de rejoindre Acapulco comme une croisière en quelques jours de mer !

Parle moi ! dis moi que ce n'est pas vrai ! Que tu peux reprendre le large avec moi...

J'aimerais tant ! ton ventre sent encore les épices,

Maintenant que je suis prêt de toi enfin ! je resterai pour ressortir tous nos souvenirs.

Tu me raconteras une nouvelle fois l'histoire de la mer rouge et moi celle d'une escale dans le port de Tunis.

Chaque jour sera une nouvelle aventure ensemble et pour toujours.

Roseaux - Haïti - Mardi 12 février 2002 - 15 h 30

Le poète manchot

Haïti venait d'enfanter un poète manchot !

La main gauche n'avait plus sa valeur puisque la pose de la première prose n'exigeait pas d'en faire un maçon !

La Cité des poètes tentait de se replonger dans un livre entrouvert sur un jeune proseur de littérature...

Puis ! soudain ! un deuxième arriva !

Puis un troisième prit la plume d'escampette en la trempant dans l'encrier de sa renommée...

Jérémie renaissait de ses cendres.

Le quatrième poète se présenta après avoir entendu le chahut des premiers et le mien

devant un parterre de jeunes femmes savantes...

Périgueux et Jérémie se couchaient dans un lit de proses pour combien de temps ?

Le club des Hydropathes lira pour la Cité des Poètes et vice versa si la prose d'un matin chante aussi bien ?

Cassamajor remontait son sourire oublié un certain matin où le malheur grimpait aux arbres...

en le projetant par terre sans lui laisser la chance d'être noir de rage

d'être né en Haïti pour perdre ce bras si pratique pour caresser la peau douce des amantes brunes...

Jérémie - Haïti - mercredi 13 février 2002 - 2 h 45

Renise

La papaye tomba dans un bruit presque sucré !

Les palmes impériales protégaient les cases de leurs grandes ailes ajourées de verdure...

La belle Renise dans l'ombre lavait mon petit linge dans une eau troublée par ma présence...

En surveillant le Ti moun du coin des lèvres je devinais son regard nageant difficilement vers moi.

Les beaux yeux s'activaient sur la blancheur de ma chemise pour m'en offrir un soleil éclatant.

Tous ses gestes sentaient la fraîcheur avec la promesse d'une journée calme avec parfois...

une espérance de lui ravir un sourire charmeur !

Renise savait se faire aimer avec comme baiser le verbe respecter...

Chaque matin son beau sourire grandissait avec mes sentiments qui lui tenaient compagnie de bien trop loin !

Mon départ apporta un masque sombre sur son visage alors

que le mien tentait de le revoir entre plusieurs larmes de tendresse qui chahutaient devant mes yeux...

Ne pleure pas ! Renise, l'avenir est encore à vivre...

Jérémie - Haïti - dimanche 17 février 2002 - 7 h 45

 

Aristide... pitié !

HaÏti payait sa dette d'horreur alors qu'un potentat buvait ce sang étourdi par la prière !

L'ile priait ses cendres sans en percevoir la fertilisation pour un piètre déculotté

qui avait vendu son âme aux Etasuniens plutôt qu'à son peuple !

Le père échangeait une robe de prière contre un costume salle-de-bains sans prendre une douche de foule !

 

Aristide ! reviens à la raison ! il ne peut y avoir la même dans la case nèg !

Ton peuple rebrousse le chemin de deux siècles pour que tu avances vers ta déraison...

As-tu le droit d'exister pour détruire ce pays qui tente une survie par ta fausse présence légitime ?

Reprends la soutane et le bâton de pélerin que tout le monde admirait au temps où tu y croyais encore...

 

Dieu te pardonnera comme à ceux que tu as offusqués !

Délivre toi de toutes les verges qui fouettent le peuple.

Prends le pain de ta poche pour l'offrir aux pauvres.

Et à l'heure d'une dernière purge, mets ta conscience à jour sans tenir compte du décalage horaire de ta mentalité...

Jérémie - Haïti - vendredi 15 février 2002 - 23 h 45

L'albinos mon frère

L'albinos souriait à mes mains blanches qu'il tenait dans les siennes !

"Deux blancs" dit-il avec un regard franc !

 

Son front habillé de crépu jaune avec quelques taches d'un mauvais soleilressemblait à une montagne brûlée !

Son sourire prenait la forme d'un ruisseau épuisépar sa chaleur de se faire accepter !

 

Le presque blanc revendiquait sa naissance de nèg noir.

Dans son village de cases, il était devenu "le simple" !

Sa différence faisait de lui un paria noir !

L'oeil transparent devenait brun en soupçonnant le regard moqueur des autres noirs.

 

Mon regard changea le sien en soleil quand il découvrit mes yeux humides...

Il n'avait jamais vu un blanc noir de rage !

Ses frères le rejetaient pour sa naissance ratée...

Et pourtant ! c'était aussi mon frère... noir.

Prévilé - Haïti - lundi 18 février 2002 -20 h 45

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