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paru en février 2005

collection Poésie/Ethnie

Format 115 mm x 180 mm - 80 pages - couverture couleur - intérieur photos noir & blanc

15 euros + 3 euros de frais de port

joindre un chèque au nom de Maurice Melliet - 2 rue Paul Mazy 24000 Périgueux

La folle course des cailloux sauvages

Les cailloux sauvages s'étaient laissés attraper

pour se faire enfermer dans les murs de l'école de Dissiné !

Ils entendaient les enfants réciter que le caillou avait aussi des amis que l'on nommait : Hibou, genou, joujou... voyou !

 

Intimement liés avec le ciment et les agrégats,

ils avaient grandement contribué à l'éducation des enfants

malgré leur course folle dans la brousse

pour ne pas finir prisonniers d'un mur d'école.

 

L'école restituait parfois le cri sauvage des cailloux

qui tentaient de compter avec les enfants.

 

Le plus gros des cailloux se gonflait d'orgueil

au point d'en déformer le mur du côté des enfants !

 

La préparatoire allait bientôt avoir près d'elle

la seconde classe afin d'y transvaser

la première partie de son savoir.

 

Elle cherchera dans la brousse les petits analphabètes

près des cailloux sauvages pour en faire des filles

et des garçons sages et leur apprendre à pédaler

pour aider leurs parents à les laver !

1249 - Périgueux - jeudi 1er septembre 2005 - 9 h 05

 

La couverture de Bamako

La grand-mère du village de Péni juste à côté du puits à pédaler m'avait fait jurer de l'écouter !

 

La couverture de Bamako qu'elle m'avait donnée semblait avoir du sens pour elle...

Moi, étant athé depuis pas mal d'années,

je doutais du pouvoir de cette couverture à carreaux !

 

La vieille Bobo avec un peu de Dioula m'avait obligé de la mettre chaque jour sur mon dos le soir en m'endormant !

"Si tu la retires, elle ne sera plus une protection pour toi "

en me menacant d'un doigt crochu !

 

Depuis, ce coton à damiers noir & blanc trouble mes nuits comme des amants ne pouvant plus se séparer...

 

J'irai jusqu'à en user la trame et le fil afin d'avoir un alibi a lui donner !

 

La grand-mère Bobo ignorait que celle que j'aimais y avait laisser mille odeurs si particulières de notre amour !

1251 - Périgueux mardi 27 septembre 2005 - 10 h 55

 

Vent du Sud

Le sol avec ses grandes flaques rouges me faisait penser

à ces peintres rebelles qui cherchaient la couleur là où il n'y en avait jamais eue !

 

La terre de Bobo absorbait ce trop plein en offrant en plus de belles éclaboussures sur les boubous colorés.

 

Le ciel encore incertain divaguait en laissant aller ses nuages chargés au gré de ses humeurs !

La saison sentait cette humidité bienfaitrice et le bonheur pour certains qui savaient en profiter !

 

La température avait changé d'odeur malgré le vent du sud qui racontait partout comment la vanille se cuisinait !

 

Les vendeuses de songes ramenaient les couvertures sur le lit du fleuve afin d'en laver les histoires salies par la nuit.

 

Le repreneur de sortilèges tentait de les revendre encore endommagés et toujours chargés d'incertitudes...

 

Le marabout se chargeait des mauvaises rumeurs afin de les reétuliser au marché du vendredi.

1254 - Bobo Dioulasso - lundi 12 septembre 2005 - 11 h 10

 

Les larmes d'Allah

Allah était tellement grand au pays des Maures

qu'à chacun de ses pas de géant on implantait un puits, une ville et sa mosquée !

 

Au cours de son voyage éternel parmi les fidèles quand il laissait tomber une larme dans le désert,

il se créait une oasis pour la survie des caravanes !

 

Il avait pourtant prié sur la tombe des hommes

pour que les femmes retrouvent leur dignité volée par une mauvaise lecture du coran...

 

Le ciel où il avait dessiné le paradis des Maures

se tachait d'incompréhension par cette religion qui bougeait sans raison.

 

Il avait choisi la paix et l'amour pour l'offrir à l'humanité alors que certains

lui prêtaient d'avoir le goût de sang & de la mort...

 

Il faudra reécrire les bibles & les corans avec une encre transparente de bonté

afin que chacun y lise la vérité de Dieu...

Ouadane - dimanche 7 mars 2004 - 15 h 35

 

Ce bleu nillé

La loi des barbus m'interdisait de frôler sa main, seul, mon regard efleura sa peau bleutée par le nillé !

Je cherchais parmi ses mouvements la moindre parcelle de son corps comme pour en deviner la totalité !

 

Ma folie d'imaginer ses formes la rendait encore plus belle malgré ce voile de tristesse devant ses yeux !

J'avais déjà son corps en moi où je pouvais en abuser selon mes fantasmes de l'aimer !

 

Je devinais ses seins auréolés de ce bleu magique qui s'incrustait partout où la peau le réclamait...

La femme bleue du désert hante mes instants et mes rêves éveillés par ce regard

qui me promettait le paradis des amoureux.

L'Islam enfantait des femmes faites de sable & de pleurs de ne pouvoir en faire des divinités !

Si Dieu le permettais, je mettrais Fatimatou sur un piédestal même si le Maure en avait décidé autrement.

 

Puis j'irai à la recherche de ces femmes soumises pour leur offrir l'égalité et ma fraternité

en posant sur leur corps un baiser afin de m'imprégner de ce bleu teinté d'espoir et d'amour.

Entre Vierzon & Châteauroux - lundi 15 mars 2004 - 8 h 30

 

La rentrée avec cette envie de Dissiné

Les enfants de Dissiné couraient après l'école

pour rattraper le temps d'apprendre qui leur avait échappé par cette porte buissonnière

restée grand ouverte sur une brousse ignorante par des adultes qui préféraient les chants

de mille oiseaux perchés sur le mil & le sorgho qu'une culture de jeunes Bobos !

 

En ramassant le dernier soupir de soulagement que l'enfant avait laissé tomber derrière lui,

je pensais à ceux qui ne savaient toujours pas lire dans les yeux de leurs parents !

 

Malgré l'envie de Dissiné, la petite fille regarda ses crayons de couleur en se demandant

si la gomme restera aussi blanche que le papier après y avoir refait un monde coloré à son image ?

L'école fraîchement cueillie par des paroles tenues offrait des bancs & des virgules

aux enfants recensés pour y arriver !

 

Le tirage au sort avait eu raison des jeteurs de troubles, de sorts & des sortilèges

tout droit venus d'un brouillard de sable rouge.

 

L'eau du puits était juste venue au moment où il fallait "pédalez" et parfois "repédalez"...

 

Je sentais que ce village déjà dans un virage se prenait enfin par la main pour ses enfants.

 

Les miettes de dialectes & l'abondance de ce nouveau langage auront leur place

parmi les palabres & les contes Bobo même quand les enfants auront enfin envie de Dissiné avec les grands.

Périgueux mercredi 22 septembre 2004 - 10 h 12

 

poussière d'étoiles

Afin de ne pas provoquer la vengeance du Marabout & de ses disciples à chapeau pointu,

nous avions, elle & mon émoi fait le vu d'abstinence malgré la folie de nos sentiments !

Les vieux tabous pouvaient dormir sur l'oreiller de leur magie & nous laisser enfin rêver !

 

Nous avions quand même lavé nos corps sous cette pluie d'étoiles qui nous protegea de tous les soupçons évoqués...

En caressant sa hanche où de la poussière d'étoile s'y était déposée,

je sentais le frémissement de sa peau brune sous mes doigts !

Nos corps sans se regarder avaient compris qu'ils étaient entièrement nus !

Je cherchais sa main pleine d'étoiles pour l'amener vers mes lèvres

afin d'en boire cette volonté de m'aimer !

Bobo Dioulasso samedi 27 mars 2004 - 8 h 17

 

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